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C’est officiel, le constructeur vient d’annoncer sa décision « de suspendre sa participation dans le projet d’usine commune » de l’alliance Renault Nissan à Tanger. Un coup dur asséné à la compétitivité du site Maroc.

Mais attention, il ne s’agit nullement d’une annulation, mais juste un report dicté par un vaste plan d’austérité destiné à surmonter la crise économique mondiale, fait-on valoir auprès du constructeur nippon.

Le plan d’austérité devra également se traduire, selon le PDG Carlos Ghosn, par la suppression de 20.000 emplois dans le monde. « Nous sommes frappés par trois difficultés en même temps : crise du crédit, récession économique et renforcement du yen », a déploré récemment Ghosn estimant que « les pires scénarios possibles se sont systématiquement réalisés » ces derniers mois.

Hier matin, les professionnels du secteur automobile à Casablanca et Tanger, notamment les équipementiers qui fondent beaucoup d’espoir sur cet investissement, sont restés abasourdis. « Certes, les rumeurs allaient bon train depuis quelques mois sur une éventuelle annulation de projets de Nissan dans le monde. Mais on ne croyait pas que le Maroc allait être concerné directement compte tenu des engagements pris au plus haut niveau par le top management de l’Alliance », se désole une source proche des équipementiers.

Maintenant que la décision est tombée, poursuit une source auprès de l’Association marocaine du commerce automobile (Amica), il va falloir s’adapter à la nouvelle donne : « C’est au gouvernement de faire preuve de réactivité, de pragmatisme et éventuellement redimensionner le projet de Renault ». Il y va de la crédibilité et de la compétitivité du site Maroc à l’international et de sa capacité à drainer des investissements dans une conjoncture internationale morose, estiment des opérateurs du secteur.

La logique veut que, dans ce cas de figure, l’Etat s’implique pleinement pour convaincre Renault d’investir plus ou du moins réajuster le business plan. D’ailleurs, le management de Renault a appelé hier matin le ministre de l’Industrie pour lui réaffirmer le maintien du projet de Tanger.

30 véhicules par heure

Aux yeux de Ahmed Réda Chami, ministre du Commerce et de l’Industrie, « dans ce projet, le seul interlocuteur du Maroc est Renault. Le contrat-cadre a été négocié avec le constructeur français. Mais suspendre ne signifie pas renoncer définitivement au projet ». Par ailleurs, ajoute le ministre, « même si Nissan venait à se retirer du projet, cela ne devrait pas compromettre l’avenir de celui-ci ». Sachant que, poursuit Chami, 80% de la production est assurée par Renault dans le site de Melloussa. A noter que dans ce projet, il existe trois lignes de production -dont deux de 30 véhicules par heure chacune dédiée à Renault-. Quant à l’autre ligne -de 15 véhicules/heure-, elle devait relever de Nissan. Autrement dit, Chami estime que quelle que soit l’issue de cette affaire, l’usine de Renault à Tanger restera à ce jour la plus grande au monde.

Reste à savoir si le constructeur Renault est prêt dans le contexte actuel à maintenir ses ambitions et à respecter son calendrier initial à l’identique sur Tanger ? D’autant plus que les aides de l’Etat français (6 milliards d’euros répartis entre Renault et PSA) dans le plan de relance « pour dépanner l’automobile » est conditionné par la non-fermeture des sites de production en France. Et par ricochet, l’abandon des projets de délocalisations. Le Maroc n’est pas concerné par cette restriction, pour la simple raison que le contrat cadre ne date pas d’aujourd’hui.

Contacté par L’Economiste, Renault Maroc précise que « l’annonce par Nissan de suspendre sa participation dans le projet industriel de Tanger ne remet nullement en cause l’investissement du site de Melloussa ». La filiale marocaine du constructeur français rappelle que Renault avait signé des accords avec le gouvernement marocain. En revanche, « la décision de Nissan pourrait avoir des incidences sur les plannings que Renault n’est pas en mesure de préciser pour l’instant ».

Difficile aussi, pour le moment, d’avoir des éléments chiffrés sur le manque à gagner, l’impact sur le tissu des équipementiers…

Pour rappel, l’usine de Tanger devait ouvrir en 2010. Le business plan de ce site tablait sur la production de quelque 400.000 véhicules par an à partir de 2013. Les véhicules devront être destinés à près de 90% à l’export. La marque au losange est jusque-là censée produire la majorité (80%). Quant à Nissan, il comptait fabriquer surtout des utilitaires et des fourgons à Tanger.

Ce qui relativise un tant soit peu la décision du constructeur nippon. Selon une source proche de Nissan, compte tenu du marché international, les priorités du constructeur lui imposent de se rétracter sur les gros investissements à mener tout en se concentrant sur l’existant des sites compétitifs de production.

Effet yen et conjoncture

La problématique du renchérissement du yen à des niveaux jamais atteints depuis plus de 13 ans n’arrange pas non plus la compétitivité et la rentabilité commerciale des concessions Nissan dans le monde. Le constructeur nippon prévoit de clôturer l’exercice 2008-2009 sur une lourde perte nette de 2,2 milliards d’euros. Cette année, le chiffre d’affaires sera de 23,3% inférieur à celui de l’exercice précédent. Le groupe va dès 2009 comprimer les rémunérations de ses dirigeants. Au 31 mars 2010, Nissan compte réduire ses effectifs de 8,5% dans le monde. Rappelons que le constructeur a déjà annoncé des milliers de suppressions d’emplois en Espagne, en Grande-Bretagne, au Japon, aux Etats-Unis…

Source : L’Economiste - Amin Rboub


 
 

Corollaire de la crise financière internationale, le secteur de l’immobilier dans la capitale du Détroit est directement affecté, notamment pour ce qui est du haut standing et des résidences touristiques. Quant au logement social et économique, il a été le plus affecté par les agissements des spéculateurs et par la levée des conditions restrictives voulant que seuls les citoyens aux revenus modestes en bénéficient. Pour le moyen standing, c’est l’exception dans la mesure où la demande dépasse l’offre.

Selon Abdelhaï Sbaï, promoteur immobilier tangérois et l’une des références en la matière dans la zone Nord, la crise sévit à des degrés divers selon le standing. A ce titre, il classe les constructions dans quatre catégories, à savoir le social et l’économique ; le moyen standing ; le haut standing ; et, enfin, les résidences touristiques, bien parties d’après lui pour une longue traversée du désert.

Levée

Pour le social et l’économique, les choses ont sensiblement évolué depuis le lancement par feu Sa Majesté Hassan II du programme des 200.000 logements. A l’époque, il avait été clairement spécifié que seuls les ménages aux revenus cumulés n’excédant pas les 3600 dirhams pouvaient bénéficier d’un appartement de cette catégorie. Et, comme le taux d’intérêt était très fort, l’Etat prenait 2% à sa charge pour soulager le fardeau de l’imposition à des familles ne pouvant se permettre aucun superflu. Par la suite, il a été décidé de lever toute forme de restriction sur le logement social, au moment même où les intérêts bancaires ont été revus à la baisse. Conséquence, les spéculateurs ne se sont pas fait prier pour s’engouffrer dans la brèche.

Ainsi, à Tanger -comme ailleurs du reste- des individus dont la fortune est parfois sujette à quelques interrogations ont tôt fait de faire main basse sur huit ou dix appartements d’une traite, voire davantage, et disparaissaient dans la nature, le temps que les prix grimpent. Par la suite, le citoyen au revenu modeste à qui ces appartements étaient en principe destinés, devait nécessairement passer par ces individus en ajoutant quelques dizaines de milliers de dirhams de plus. En gros, le logement social et ordinaire a permis à une poignée d’individus de s’en mettre plein les poches, profitant d’une libéralisation sauvage du marché, suivant les recommandations du fondateur du courant néo-libéral Freidrich Hayek.

Concernant le moyen standing, curieusement, il fait mieux que tirer son épingle du jeu à Tanger. Nonobstant le contexte de crise extrêmement sévère qui frappe le secteur de la construction à l’échelle internationale et plus particulièrement l’Espagne, la demande excède l’offre, à en croire M. Sbaï.

Demande

Et de préciser : « Le Fogarim (Fonds de garantie immobilière) a été étendu aux appartements à hauteur de 800.000 dirhams alors qu’au début il concernait uniquement le social et l’économique. Cela a eu pour effet de susciter davantage l’intérêt des citoyens pour cette catégorie. On ferme les yeux sur les justificatifs des revenus puisqu’on sait qu’il est difficile d’établir avec exactitude les revenus d’un grand nombre de Marocains. Et même quand ils ont des revenus déclarés comme les fonctionnaires ou les employés, ils peuvent avoir d’autres ressources. Officiellement, on entend par moyen standing les appartements dont la valeur oscille entre 400.000 et 800.000 dirhams et doivent profiter en principe à des ménages ayant des revenus entre 5000 et 8000 dirhams. Globalement, on assiste à un regain d’intérêt pour le moyen standing ».

Quant au standing supérieur tangérois, c’est la morosité. Sa clientèle se compose à 40% d’étrangers et de MRE, et le reste de clientèle local. Les intervenants du secteur sont unanimes à dire qu’il vaudrait mieux faire une croix provisoirement sur la première catégorie, celle des MRE et des étrangers car elle est très sévèrement touchée par la crise et doit attendre des lendemains meilleurs pour penser à des investissements à l’étranger.

Pour la clientèle marocaine, elle préfère attendre sagement et table sur la durée de la crise en cas d’une éventuelle baisse. Or, justement, les prix ne baissent pas proportionnellement à l’ampleur de la crise. Comment l’expliquer ? Surtout dans un contexte international comme en Espagne, par exemple, où ça dégringole franchement.

Imposition

D’abord, il y a le taux d’imposition pour le haut standing qui est passé de 8,75% à 30%, ce qui met les promoteurs immobiliers hors d’eux. Ensuite, le prix des matières premières, comme le fer qui est passé de 4 dirhams le kilo à 15 dirhams au comble de la flambée générée par le pétrole. Aujourd’hui il est à 7,5 dirhams, mais tout le reste a aussi augmenté, du ciment à la peinture, en passant par la main d’œuvre. En outre, ce qui rend fou de rage les promoteurs marocains, ce sont les facilités accordées à quelques investisseurs étrangers qui bénéficient même de lotissements interdits aux Marocains.

Bref, ceux qui ont concentré leurs investissements dans le haut standing s’en mordent les doigts et doivent envisager le spectre d’une crise durable probablement ponctuée par des ventes à perte en attendant l’embellie.

Reste la catégorie des résidences touristiques, et là, ça s’annonce pire que le haut standing, puisque la clientèle visée, essentiellement européenne, est frappée de plein fouet dans un contexte de flambée des prix qui ne permet plus à l’Européen moyen de s’en sortir. Dans la Région de Tanger-Tétouan, la zone touristique s’étendant entre Mdiq et Sebta risque de broyer du noir pour un bon de temps selon de nombreux intervenants des secteurs immobilier et touristique.

Source : Maroc Hebdo - I. Harakat

 
 

Bonnes perspectives pour 2008

«L’ACTIVITÉ économique pour 2008 sera stimulée par le dynamisme de l’investissement et la consolidation de la consommation finale». Telles sont les prévisions du Bank Al-Maghrib (BAM) pour l’année à venir. En effet, dans son traditionnel rapport sur la politique monétaire publié le 3 avril, BAM est plutôt optimiste quant à l’accélération de l’activité sous condition d’une récolte céréalière moyenne de 60 millions de quintaux, à 6,4% au premier trimestre 2008.
Ainsi en termes de production, la valeur ajoutée agricole pourrait rebondir à 13,5% après un fléchissement au quatrième semestre 2007 de 16,5%. Idem pour l’activité élevage qui devrait s’améliorer, en partie, grâce à l’augmentation de la disponibilité des aliments de bétail (subventionnés). Pour sa part, la production halieutique connaîtrait un redressement dû à la propagation de la période de repos biologique en 2007. Parallèlement, BAM table sur une poursuite du dynamisme des activités non agricoles. Ainsi leur valeur ajoutée devrait afficher une hausse de 5,4%. De fait, l’industrie extractive maintiendrait, toujours selon le rapport, sa progression autour de 2,5% notamment soutenue par le renchérissement des cours du phosphate et des produits dérivés. Cela se traduirait par une augmentation des exportations, compte tenu d’une demande extérieure et d’une capacité de production plus importante. Dans le même temps, l’activité industrielle conserverait son rythme moyen de progression autour de 4,1% tiré par le rebond de l’agroalimentaire. Par ailleurs, l’impact de la suppression des quotas européens sur les produits textiles chinois reste incertain à ce stade. S’agissant des commandes au secteur, elles devraient renforcer leur rythme haussier, grâce à l’amélioration des flux dans l’ensemble des secteurs d’activité, et plus particulièrement dans la chimie et la parachimie.
De son côté, le secteur des BTP devrait poursuivre son ascension. Sa valeur ajoutée progresserait, pour BAM, de 10,7% en glissement annuel, porté par l’importance des investissements publics. Cette prévision est corroborée par l’évolution des ventes de ciment de 36,7% et par l’expansion de 6% des encours des crédits à l’immobilier. Quant à l’hôtellerie et la restauration, leur valeur ajoutée devrait enregistrer un léger ralentissement tout en restant en hausse de 4%. En effet, les recettes touristiques ont baissé de 11,8%, malgré la progression des arrivées de 11%. Pour le secteur du transport, la Banque centrale estime sa valeur ajoutée, au premier trimestre 2008, 5%, alimentée par les hausses conjuguées du trafic ferroviaire (11%) et aérien (16%).
S’agissant du secteur des postes et télécommunications, il devrait, également, se maintenir à un rythme ascendant avec un accroissement de près de 11%, en raison de l’intensité de la concurrence et la multiplicité des services fournis.
Au niveau de la consommation, les prévisions de BAM tablent sur un accroissement de 9% pour 2008 poussé, entre autres, par une bonne orientation de la consommation des ménages. Celle-ci a été soutenue par l’amélioration du marché du travail et la progression des transferts des MRE (15,1%). S’ajoute à cela, l’impact de l’expansion des crédits à la consommation.

 
 

Les patrons en mission de prospection en Europe
· Les régions de Barcelone, Toulouse et Bordeaux ciblées

· Objectif: décrocher des investissements dans l’automobile et l’aéronautique


D’UNE pierre trois coups. Les industriels de la zone nord préparent une mission de prospection dans les villes de Barcelone, Bordeaux et Toulouse. «L’objectif est de rencontrer les investisseurs européens et de leur présenter les potentialités de notre région», affirme Hakim Oualit, président de la CGEM-Nord.
De fait, c’est une vraie caravane que l’organisation patronale compte mener vers ces trois grandes villes. Des formulaires d’inscription et d’information ont été envoyés à tous les industriels locaux. Par ailleurs, le programme des rencontres sera ajusté en fonction de leurs attentes.
Le choix de ces grandes cités industrielles n’est pas fortuit. Barcelone est l’un des plus importants ports de la Méditerranée et dispose d’une zone logistique de référence. D’ailleurs, la Catalogne affiche un regain d’intérêt pour le nord du Maroc, depuis l’annonce de l’installation de l’usine de l’Alliance Renault-Nissan, à Melloussa.De nombreux équipementiers travaillant avec les installations de Nissan dans la capitale catalane se positionnent déjà à Tanger pour gagner des parts de marché.
De l’autre côté des Pyrénées, se trouve le fleuron européen de l’industrie aéronautique de Toulouse et Bordeaux. La première héberge le principal site d’Airbus dont Tanger accueille un certain nombre de fournisseurs. Pour Oualit, il s’agit de capitaliser sur cet acquis et de développer cette filière. «Ce secteur est un grand générateur d’emplois», ajoute-t-il.
A noter que cette première mission de prospection de la CGEM-Nord à l’étranger sera ouverte aux non-adhérents. Les adhérents ne paieront que le prix des prestations. La date prévue pour le départ n’a pas encore été fixée, mais elle devrait avoir lieu début juin.
Pour capitaliser sur l’événement, la CGEM-Nord compte organiser, par la suite, un grand séminaire au profit des industriels locaux. Il s’agira de les mettre en contact avec l’alliance Renault-Nissan et ses sous-traitants pour étudier les opportunités à saisir de l’usine de Melloussa.
Source: leconomiste.com

 
 

Deux nouveaux quais à prendre
L’extension du port TangerMed progresse à grand rythme. Lancé en avril 2007, il y a tout juste un an, le projet connaît une accélération fulgurante. D’ailleurs, dans les prochains jours, les attributaires des quais 3 et 4 devraient être connus. Pour le premier, les soumissionnaires, retenus après sélection des dossiers d’appels d’offres, sont les groupements formés des compagnies maritimes CMA-CGM en association avec MSC et en concurrence avec Maersk Line. L’Agence Spéciale TangerMed (TMSA) a entamé, en janvier dernier, une série de négociations avec ces deux groupements pour la sélection finale du concessionnaire. Le troisième quai est réservé aux opérateurs de lignes commerciales de transport de conteneurs. Il disposera d’une capacité totale de 3 millions de conteneurs EVP (Equivalent Vingt Pieds) avec un linéaire total de 1.200 m.
Le quatrième quai, d’une capacité totale de 2 millions de conteneurs devrait bientôt, lui aussi, être attribué. Un appel d’offres restreint a été lancé en juillet 2007 pour la concession de ce quai. Les deux groupements présélectionnés sont APM Terminals en association avec Akwa Group (déjà installés sur le premier quai) et le groupement PSA Singapore Terminals, Marsa Maroc et la SNI. Les négociations sont, elles aussi, en cours avec TMSA. TangerMed II devrait entrer en service au courant de 2012. Outre les quais à conteneurs, il est prévu que la seconde partie du complexe soit dotée d’un terminal de réception pour le gaz naturel liquéfié ainsi qu’une unité de regazéification (www.leconomiste.com). A noter que TangerMed II est un port de transbordement calqué sur le schéma de son aîné. Il sera doté de plusieurs quais à conteneurs d’une capacité totale de cinq millions de conteneurs EVP. La capacité totale du futur complexe portuaire sera ainsi portée à plus de 8,5 millions de conteneurs. Cette capacité placera le complexe portuaire Tanger en tête des ports méditerranéens de transbordement. A ces quais, s’ajouteront 120 hectares de terre-pleins.
L’investissement prévu pour TangerMed II est de près de 14 milliards de DH, ce montant incluant la construction et l’équipement des différents quais. Toutefois, ce chiffre pourrait être ajusté en fonction des exigences d’infrastructures

Ali ABJIOU -leconomiste.com

 

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